La génération Y, héroïne de la classe active en Belgique et grand mystère pour beaucoup d'employeurs

L'accompagnement de carrière doit offrir des perspectives d'évolution à la génération Y, passionnée et sûre d'elle

Mardi 22 mai 2018 — Au cours des prochaines décennies, la génération Y jouera un rôle capital dans le monde des entreprises.  Mais aujourd'hui, beaucoup d'employeurs ne savent toujours pas clairement comment ils doivent gérer cette main-d'œuvre ambitieuse. Les chiffres d'une enquête réalisée par acc, l'association professionnelle des agences belges de communication, et Trendwolves, montrent, que la génération Y préfère une structure horizontale des ressources humaines mais elle veut  entrevoir les possibilités d’évolution. En effet, 77% des employés de la génération Y ambitionnent d'occuper des fonctions supérieures. Voilà où le bât blesse. N'ont-ils plus qu'à changer d'emploi fréquemment ? Les experts pensent que cela n'est pas nécessaire, mais qu'il existe un besoin urgent d'accompagnement, pour garder les talents et leur permettre de se développer.

Sneakers indispensables, Facebook, Instagram et Snapchat incontournables, séances de brainstorming lors d'une partie de baby-foot : le secteur créatif (agences de publicité, de relations publiques, d'organisation d'événements…) semble l'environnement professionnel idéal pour la génération Y. Du moins, on pourrait le croire. En effet, même ce secteur se heurte à quelques barrières, lorsqu'il s'agit de retenir la génération Y dans l'entreprise.

«Le secteur nous apprend souvent que les jeunes de la génération Y quittent trop vite leur entreprise. Au moment où ils commencent à s'épanouir, ils ne voient plus de possibilités d'évolution au sein de la structure horizontale des ressources humaines. Les PME et les start-up dans d'autres secteurs sont également confrontées à ce problème. L'étude, réalisée en collaboration avec Trendwolves, et ses recommandations doivent aider les entreprises à gérer cet important groupe cible, de façon constructive et à long terme», a expliqué Johan Vandepoel, CEO d'acc.

La génération Y : sûre d'elle,  ambitieuse et satisfaite (pour le moment)

L'étude d'acc et de Trendwolves, menée auprès de 335 Belges de la génération Y actifs dans le secteur de la communication, montre que les membres de la génération Y sont satisfaits de leur emploi : ils s'octroient, en moyenne, un score de 7,14 sur 10 en ce qui concerne leur satisfaction professionnelle générale. Ce chiffre est supérieur à la moyenne qui s'établit à 6,79[1]. Par ailleurs, ils sont ambitieux et sûrs d'eux. 77% d'entre eux ambitionnent de progresser. Huit sur dix sont convaincus qu'ils possèdent le talent nécessaire pour y parvenir. Six sur dix préfèrent y arriver chez leur employeur actuel. Alors pourquoi la génération Y a-t-elle la réputation de changer d'emploi si fréquemment ?

Karen Wouters, professeur en leadership et responsable du programme «Start to lead» de l'Antwerp Management School, observe que « nous accompagnons des entreprises qui éprouvent des difficultés à retenir leurs employés. Le manque de vision sur les possibilités d'évolution peut influencer la satisfaction générale de l'employé et l'inciter à chercher un nouveau défi à relever. Au sein d'une structure horizontale, les employés ont plus de difficultés à identifier ces opportunités de carrière».

Comment évoluer au sein d'une structure horizontale

De plus en plus d'entreprises passent d'une structure verticale à une structure horizontale, afin de tenir compte de l'évolution du marché du travail et de ses attentes. Bien que les jeunes de la génération Y déclarent préférer une structure horizontale et une culture d'entreprise centrée sur l'humain, ils ne distinguent pas toujours les possibilités d'évolution. Dans certains cas, cela crée des problèmes.

L'étude montre que le manque de perspectives professionnelles constitue l'une des principales raisons de quitter un emploi. Quand il n'existe pas d'échelle hiérarchique symbolique, il s'avère parfois difficile de déterminer comment on peut progresser et évoluer au sein d'une même entreprise ou fonction. En outre, deux personnes interrogées sur trois ont le sentiment que leurs talents ne sont pas suffisamment utilisés. L’employé de la génération Y reste donc sur sa faim, mais n'a pas toujours une vision claire de son avenir professionnel. Plus de la moitié des personnes interrogées ne savent pas comment orienter leur carrière. Dans ce contexte, l'accompagnement peut donc clarifier la situation.

«Au sein d'une petite structure horizontale, progresser ne signifie pas diriger, mais exercer une influence», poursuit Karen Wouters. «Les employeurs doivent donner à leurs employés la liberté de réclamer le droit d'avoir de l'influence. Les employés doivent connaître leurs points forts et saisir les occasions. Il s'agit d'une relation à double sens». Philippe Bailleur, auteur des ouvrages, tels que «Trauma in organisaties» et «Architect van je organisatie: breng het beste naar boven», observe aussi, par son expérience, que la génération Y accorde de l'importance à l'autorégulation : «L'employeur doit endosser le rôle de mentor ou de coach, afin que l'employé puisse avoir un impact sur la gestion quotidienne de l'entreprise».

L'expert en talents Thierry Lescrauwaet d'UQ Talents note également que l'identification des qualités s'avère une source essentielle de motivation. «Le Belge moyen peine à citer trois de ses qualités. L'accompagnement se révèle crucial dans ce contexte. En outre, les jeunes de la génération Y cherchent constamment à mieux se connaître. Il est important que leur employeur les accompagne dans cette recherche». L'étude confirme aussi que ces jeunes considèrent qu'il est indispensable de développer leurs qualités personnelles, pour qu'ils puissent travailler convenablement.

Les résultats et les recommandations tirés de l'enquête seront présentés aujourd'hui, 22 mai 2018, pendant un tour de table organisé par acc. Maarten Leyts, CEO de Trendwolves, Karen Wouters, professeur en leadership et responsable du programme «Start to lead» de l'Antwerp Management School, Geert Smets de Deloitte, Thierry Lescrauwaet d'UQ Talents et Philippe Bailleur interviendront comme experts.

Neuf bons plans pour les employeurs : comment préserver la satisfaction de la  génération Y ?*

Sur la base des résultats de l'étude, acc et Trendwolves ont formulé plusieurs recommandations, afin d'optimaliser la relation entre l'employeur et la génération Y :

  1. 91% des employés de la génération Y s'impliquent volontiers dans leurs tâches. Travaillez avec de petites équipes qui s'autogèrent et sont encadrées par un mentor ou un coach.
  2. Les jeunes de la génération Y veulent constamment communiquer et avoir un retour d'expérience. Prévoyez régulièrement des moments informels à cette fin.
  3. Ils veulent utiliser leurs compétences de façon optimale. Veillez à ce que leurs tâches soient variées et motivantes.
  4. Plus de la moitié des membres de la génération Y ne savent pas toujours très bien dans quelle direction ils veulent aller. Prévoyez donc de gérer leurs compétences et proposez des formations, afin qu'ils puissent découvrir leurs points forts. Permettez-leur de choisir eux-mêmes cette formation.
  5. Ne vous intéressez pas seulement au développement de l'expérience, mais aussi au développement des aptitudes sociales. La génération Y veut s'enrichir sur le plan humain. Le développement personnel est sa manière de se différencier.
  6. Établissez un plan de développement personnel. Discutez des objectifs à long terme de l'agence, des exigences actuelles et futures, liées à la fonction, ainsi que des souhaits de l'employé en matière de carrière. Procédez à une mise au point, à intervalles réguliers.
  7. «Walk the talk» : l’employé de la génération Y choisit votre entreprise parce qu'elle lui convient. Veillez à ce que la réalité corresponde aux attentes que vous suscitez.
  8. Le jeune de la génération Y veut disposer de temps pour se consacrer à sa passion, en marge du travail. N'obligez personne à travailler au-delà de l'horaire normal et respectez l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
  9. L'absence d'un parcours de carrière vertical ne constitue pas un problème, mais veillez à ce que vos employés puissent exercer de l'influence.

4 bons plans pour la génération Y : comment encourager votre chef à tenir compte de vos besoins ?

  1. Demandez-lui régulièrement un retour d'expérience et des entretiens d'évaluation. Cela vous permet de vous enrichir, tant sur le plan personnel que professionnel.
  2. Évaluez-vous : quels sont les domaines où vous excellez ? Avez-vous déjà certaines réalisations à votre actif ? Revendiquez cette expérience et élargissez votre rôle au sein de l'entreprise.
  3. Si vous voulez progresser, n'envisagez pas uniquement les possibilités d'évolution verticales, mais cherchez l’influence que vous pouvez exercer au sein de l'entreprise.
  4. Si vous éprouvez des difficultés à envisager votre carrière à long terme, demandez à votre employeur d'élaborer, avec lui, un plan de développement personnel. Vous pouvez y indiquer vos objectifs à long terme et vos attentes en matière de carrière.

D'autres chiffres issus du secteur de la communication.

  • L'ancienneté moyenne des employés de la génération Y chez leur employeur actuel est de 2,3 ans.
  • 66% connaissent un statu quo sur leur lieu de travail actuel.
  • Seuls 4% sont pleinement satisfaits de leur salaire.
  • 7 employés sur 10 ne sont pas contents des procédures actuelles dans le domaine des prestations supplémentaires.
  • Seuls 4% veulent quitter leur secteur d'activité.

Vous pouvez consulter toutes les conclusions de l'étude dans l'annexe de ce communiqué de presse.

*L'étude

L'enquête de Trendwolves a été réalisée pour le compte d'acc, auprès de 335 jeunes appartenant à la génération Y et travaillant dans le secteur de la communication. Cette enquête établit un inventaire des tendances statistiques mais une approche individuelle et la communication restent primordiales.

Plus d'informations

Pour obtenir plus d'informations, vous pouvez consulter The Brainery, la plateforme de formation en ligne d'acc. Elle propose des formations et des exercices, tant pour les employés que pour les employeurs dans le secteur de la communication.

[1] Ce chiffre ressort d'une enquête d'Accent.Jobs, réalisée en collaboration avec Trendwolves, auprès de 1.000 Belges. 6,79 était le score de satisfaction moyen chez les membres de la génération Y, dans l'échantillon.

*ACC signifie Association of communication companies, c'est-à-dire l'association professionnelle des agences belges de communication. Elle regroupe l'ensemble des agences actives dans la communication au sens large (relations publiques, marketing, contenu, publicité, numérique, événements) et compte 120 membres, dont 36 agences de marketing événementiel ; vous trouverez de plus amples informations sur www.ACCbelgium.be.